Une récompense sociale « symbolique »:
une médaille de lutte cugeoise contre l’épidémie de choléra (1835)

Le dix-neuvième siècle connaît aussi son «triste cortège» d’épisodes épidémiques, quelque peu estompé par la peste de 1720 qui a sévi en Provence étudiée par des travaux historiques, des romans et même des bandes dessinées et commémorée cette année par des expositions[1].

 Venu des confins de l’Europe en Russie, le choléra morbus « rythme » tragiquement le XIXe siècle et frappe en priorité les populations modestes qui ne peuvent quitter les villes. La déshydratation forcenée de l’organisme confère au visage une cyanose effrayante, d’où le nom de «peur bleue» expression demeurée courante[2]

Entre 1831 (début de la grande épidémie et provoque en 1832 la mort du chef du gouvernement, Casimir Périer) et 1894, la  France est touchée, la Provence l’est hélas.

 Aux premières loges de la lutte contre l’épidémie, sous la Monarchie de juillet, les maires se dévouent envers leurs concitoyens: à Marseille, Toulon mais aussi dans les petites communes comme à Cuges-les–Pins.

Ainsi le maire Jean-Antoine BONIFAY (en fonction de 1830 à 1846), lointain parent de notre ancien président Charles BONIFAY (1919-2017), «protège» ses 1804 administrés en 1835. Il reçoit du préfet cette grande médaille d’argent non portable délivrée par le ministère du Commerce à l’effigie du roi Louis-Philippe gravée par Barre.

Olivier Vernier


Médaille de lutte cugeoise contre l’épidémie de choléra (1835), médaille argent, collection privée

[1] Marseille en temps de peste 1720-1722, Musée d’histoire de Marseille.

[2] Patrice Bourdelais et Jean-Yves Raulot, Une peur bleue. Histoire du choléra en France 1832-1854, Paris, Payot, 1987, 311 p.