Médaille de la fondation de l’Hospitalité de nuit pour les femmes, Marseille, 1885

Le 7 novembre 1885 est fondée[1]à Marseille par un philanthrope marseillais François Massabo, commerçant, déjà fondateur du premier accueil de nuit masculin en Europe (1875) et  grâce à l’aide financière d’Etienne Zafiropulo, richissime homme d’affaires de nationalité ottomane (1817-1894), une œuvre originale et totalement pionnière en France: l’Hospitalité de nuit pour les Femmes, un établissement privé réunissant «un asile de nuit féminin, une œuvre des bains gratuits et de l’écuelle de soupe»., dirigé alors par des laïques. Ce foyer témoignait de la difficulté de vie de certaines femmes «en perdition» (orphelines, veuves, célibataires, domestiques renvoyées, migrantes, prostituées[2]…) françaises comme étrangères, dans la cité phocéenne en pleine mutation économique et sociale[3]comme notre numéro spécial de 2024 sur «Les Italiens» en a porté témoignage. En 1889, elle fut reconnue d’utilité publique.  C’est à cette époque que commence la construction de l’immeuble sis 15 rue Honnorat dans le 3ème arrondissement,  derrière la gare Saint-Charles. En 1956, l’œuvre obtient du Ministère de la Santé une convention d’agrément en tant que Centre d’Hébergement et de Réadaptation Sociale (CHRS), cette structure permettant l’accueil momentané de toutes personnes dénuées de ressources, sans logement et demandant asile (accueil de 80 femmes). En 1959, HPF met en place un atelier de réentrainement au travail qui permet aux femmes sans emploi d’avoir une occupation et de préparer leur réadaptation. En 1966, un Centre d’Aide par le Travail (C.A.T.) est créé. Installé à la rue Gilibert puis au boulevard National, il accueillait à son ouverture, une vingtaine de personnes. En 1977, la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales des Bouches-du-Rhône passe convention avec l’Association agréant 60 lits en internat et 40 familles en service de suite. Puis le centre obtient un agrément pour une chambre d’accueil d’urgence pour mères accompagnées d’enfants, agréé au titre de l’aide sociale (1982) ainsi que pour l’hébergement en urgence de couples sans enfants (1989).

La médaille en argent commémorative de la construction du bâtiment dût être remise aux bienfaiteurs de l’œuvre et aux notables marseillais protecteurs. Malgré le caractère laïc de l’œuvre, son symbolisme rappelle l’inspiration religieuse du fondateur François Massabo: colombe de la paix, ancre de l’espérance, coeur de la charité et la devise «pour l’amour de Dieu et du prochain». 

Olivier Vernier

Médaille de la fondation de l’Hospitalité de nuit pour les femmes, Marseille, 1885, argent, collection privée.

[1] https://tourisme-marseille.com/fiche/15-rue-honnorat-hospitalite-pour-les-femmes-13003-marseille; François Massabo, Asile de nuit pour les femmes malheureuses sans abri. But de l’oeuvre et discours prononcé par M. François Massabo,… le 7 novembre 1885, Marseille, impr. marseillaise, 1885, 19 p.

[2] Samantha Pratalli, Droit et prostitution du XVIIe siècle à nos jours: interactions entre pouvoir national et local : étude à partir des Archives départementales des Bouches-du-Rhône, thèse, droit, Aix-Marseille Université, 2020.

[3] Voir Martin Huc, Marseille interdite: 1878-1943, histoire du quartier réservé, Paris, La manufacture de livres, 2024, 399 p.


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